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Cercles concentriques de l'enfer atomique :
expérimenter Hiroshima et Nagasaki à l'écran
Les explosions de Little Boy à Hiroshima puis de Big Man à Nagasaki au début du mois d’août 1945 marquent l’entrée fracassante de l’humanité dans l’âge nucléaire. Elles participent par ailleurs au désemparement métaphysique qui surgit à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Face à l’avalanche d’images et de récits témoignant de l’horreur des tentatives de purification ethnique nazie, on constate l’apparente rareté de leurs équivalents nippons au lendemain de la capitulation. Ces derniers, censurés en grande partie, sont obstrués dans l’imaginaire occidental par l’image spectaculaire des champignons atomiques, emblème d’un tout nouveau type d’apocalypse.
L’occupation américaine qui s’installe sur le territoire japonais en septembre 1945 impose un régime strict qui s’étend à l’ensemble de l’expression scientifique et culturelle, notamment en ce qui concerne le sujet atomique.
La production cinématographique reflète cet état de fait, même après la fin de l’occupation en 1951. La Cage de Shûji Terayama, Le Nombril et la bombe atomique de Eikoh Hosoe et Silence Has No Wings de Kazuo Kuroki, réalisés entre 1960 et 1966, se démarquent parmi les films japonais traitant de la bombe par leur manière non conventionnelle de mettre en scène l’irreprésentabilité suscitée par l’utilisation de cette dernière.
Les visions relayés par ces films permettent en effet d’illustrer la violence à la fois directe et latente de ces bombardements foncièrement expérimentaux, tout en exprimant de manière poétique les multiples dislocations qu’ils engendrent, et ces œuvres s’établissent ainsi comme relevant d’un sublime apocalyptique.
Publication en cours, suite au colloque
Formes apocalyptiques du pouvoir et programmes apocalyptiques, Université Paul Valéry Montpellier 3, 12-14 mars 2018